févr. 12, 2021
févr. 12, 2021

Les coefficients UEFA peuvent-ils informer les paris sur la Ligue des champions ?

Que sont les coefficients UEFA ?

Quel rôle les coefficients jouent-ils dans la Ligue des champions ?

À quelle fréquence gagne l'équipe bénéficiant du coefficient le plus élevé ?

Coefficient UEFA et statistiques en Ligue des champions

Les coefficients UEFA peuvent-ils informer les paris sur la Ligue des champions ?

Les coefficients UEFA procurent une méthode imparfaite mais simple pour évaluer quelles équipes ont récemment fait preuve d'une capacité récurrente à obtenir de bons résultats dans les compétitions inter-clubs européennes. Sachant cela, dans quelle mesure peuvent-ils servir d'outil pour mieux prédire l'issue des matchs en Ligue des champions ?

Que sont les coefficients UEFA ?

Chaque équipe qui participe à la Ligue des champions et à la Ligue Europa de l'UEFA se voit attribuer un coefficient. Des points de coefficient sont attribués en fonction d'une combinaison des résultats de leurs matchs individuels au tournoi et de leur progression dans ce dernier.

Pour la Ligue des champions, les points de coefficient sont attribués de la manière suivante :

Points de coefficient de la Ligue des champions UEFA

Événement

Points

Victoire

2

Match nul

1

Qualification pour la phase de groupes

4

Qualification pour les 16e

5

Qualification pour les quarts de finale, demi-finales et finale

1 par tour

Le nombre maximum de points de coefficient qu'une équipe de la Ligue des champions peut remporter au cours d'une saison s'élève à 38 (NB : lors de la saison 2019/20, les quarts de finale et la demi-finale ne comprenaient que le match aller et rapportaient trois points en cas de victoire, ce qui fait que le Bayern de Munich a remporté 36 points sur les 36 possibles).

Les coefficients UEFA procurent une projection calculée des performances d'une équipe en compétition européenne au cours des récentes saisons.

Le rôle joué par les coefficients UEFA dans la Ligue des champions concerne essentiellement le tirage de la phase de groupes, où les 32 équipes qualifiées sont réparties en quatre poules de huit. La 1e poule se compose des vainqueurs de la Ligue des champions et de la Ligue Europa de la saison précédente, plus les six champions des six meilleures ligues d'Europe en fonction des coefficients (si l'une de ces six équipes a également remporté la Ligue des champions ou la Ligue Europa, les septième et huitième meilleures ligues sont prises en compte).

Pour les 2e, 3e et 4e poules, les 24 équipes restantes sont classées dans l'ordre du coefficient qu'elles ont cumulé au fil des cinq saisons précédentes. Quant à cette répartition, il est donc possible pour une équipe de 1e poule d'avoir un coefficient inférieur à l'une figurant dans les trois autres.

Le point le plus important à retenir concernant les coefficients UEFA, c'est sans doute qu'ils ne visent pas à procurer une évaluation directe des aptitudes d'une équipe mais plutôt une projection calculée de leurs performances en compétition européenne au cours des dernières années.

Par exemple, quand Liverpool a remporté la Ligue des champions en 2018/19, ils n'étaient classés que 16e meilleure équipe au début du tournoi d'après leur coefficient. Cela était largement dû au fait qu'ils n'avaient figuré dans aucune compétition européenne lors des saisons 2013/14 et 2016/17.

À quelle fréquence gagne l'équipe affichant le meilleur coefficient ?

Pour pouvoir estimer l'utilité au sens large des coefficients UEFA, il faut évaluer à la fois combien d'équipes possédant l'un des deux coefficients les plus élevés au sein de leur groupe en Ligue des champions ont réussi à passer en 16e, et combien des matchs éliminatoires directs suivants ont été remportés par l'équipe affichant le coefficient le plus élevé.

Voici les statistiques dans ce domaine pour les cinq dernières saisons en Ligue des champions :

Saison

Équipes aux deux meilleurs coefficients ayant passé la phase de groupes

Matchs éliminatoires remportés par l'équipe au coefficient le plus élevé

2016/17

14 sur 16

11 sur 15

2017/18

9 sur 16

11 sur 15

2018/19

12 sur 16

5 sur 15

2019/20

12 sur 16

8 sur 15

2020/21

10 sur 16

-

Cela signifie que, durant cette période, si une équipe possédait l'un des deux coefficients les plus élevés dans son groupe en Ligue des champions, elle se qualifiait 71,25 % du temps. En revanche, 58,33 % des matchs éliminatoires ont été remportés par l'équipe affichant le coefficient le plus élevé.

Ces chiffres peuvent être considérés comme des taux de retour solides et honorables respectivement, suggérant dès lors, dans une certaine mesure, qu'un coefficient élevé augurerait de bonnes performances en Ligue des champions. Toutefois, ces statistiques ne tiennent pas compte des équipes spécifiques en lice, et notamment de la différence de coefficient entre ces dernières.

Aussi, en vue d'évaluer avec exactitude à quelle fréquence une équipe affichant un coefficient UEFA supérieur à son adversaire remporte une rencontre en Ligue des champions, les résultats des 471 matchs disputés au cours des tournois 2017/18, 2018/19 et 2019/20 plus la phase de groupes 2020/21 ont été mis en correspondance. Les coefficients utilisés étaient ceux relatifs aux équipes au début de la saison.

Les équipes possédant un coefficient UEFA supérieur étaient réparties en trois groupes : celles dont le coefficient comptait 0,5 à 19,5 points de plus que leur adversaire (Groupe 1), celles dont le coefficient comptait 20 à 39,5 points de plus (Groupe 2) et celles dont le coefficient comptait au moins 40 points de plus (Groupe 3).

Marge de la supériorité du coefficient UEFA

Victoire

Match nul

Défaite

0,5 – 19,5 points (Groupe 1)

36,84 %

28,07 %

35,09 %

20 – 39,5 points (Groupe 2)

46,57 %

23,28 %

30,15 %

40 points + (Groupe 3)

61,70 %

19,15 %

19,15 %

L'observation immédiate (ce qui n'est peut-être pas surprenant) de ces données montre qu'il semble exister un degré de proportion entre la marge de supériorité en coefficient UEFA qu'une équipe possède sur son adversaire et le taux de victoire qu'elle tend à afficher lors des matchs en Ligue des champions.

Toutefois, bien que les trois groupes aient remporté plus de matchs qu'ils en ont perdus, ce constat allait d'un avantage à peine perceptible pour le Groupe 1, au Groupe 3 comptabilisant un peu plus de trois fois plus de victoires que de défaites. Il est également intéressant de relever que, même si, dans l'ensemble, l'équipe possédant le coefficient supérieur a remporté une courte majorité de ses matchs (54,41 %), elle a également enregistré plus de défaites (24,31 %) que de matchs nuls (21,28 %).

Nous pouvons envisager ces résultats sous différents angles donnés, par exemple pour savoir si un avantage supposément lié au coefficient dépend du fait que l'équipe joue à domicile ou à l'extérieur :

Marge de la supériorité du coefficient UEFA

Domicile

Extérieur

Victoire

Match nul

Défaite

Victoire

Match nul

Défaite

0,5 – 19,5 points (Groupe 1)

41,37 %

34,48 %

24,15 %

34,48 %

27,58 %

37,94 %

20 – 39,5 points (Groupe 2)

58,97 %

15,38 %

25,65 %

33,33 %

33,34 %

33,33 %

40 points + (Groupe 3)

66,10 %

15,25 %

18,65 %

57,80 %

22,02 %

20,18 %

Bien que la relation proportionnelle précédemment identifiée semble tenir pour les rencontres à domicile, elle baisse nettement pour ce qui est des résultats à l'extérieur. En effet, les Groupe 1 et Groupe 2 ne sont pas parvenus à remporter plus de matchs qu'ils en ont perdus à l'extérieur, et le Groupe 2 enregistre même un taux de victoires inférieur au Groupe 1.

Cela indique que, pour être le mieux placé possible et bénéficier d'un avantage contre ses adversaires indépendamment du lieu, les équipes en Ligue des champions doivent se targuer d'un avantage de coefficient de 40 points minimum. Cette part de supériorité est souvent uniquement possible si l'autre équipe a manqué au moins une saison de compétition européenne parmi les cinq précédentes et/ou a systématiquement échoué à se qualifier au-delà des phases de groupes dans l'une des deux grandes compétitions européennes.

Mais ces matchs peuvent aussi être perçus différemment : par exemple sous l'angle d'un écart du taux de victoires entre les rencontres disputées en phase de groupes et en phases éliminatoires. D'après les statistiques exposées précédemment, on s'attend à ce que les taux de victoires soient inférieurs pour ces dernières.

Marge de la supériorité du coefficient UEFA

Phase de groupes

Phase éliminatoire

Victoire

Match nul

Défaite

Victoire

Match nul

Défaite

0,5 – 19,5 points (Groupe 1)

37,36 %

34,09 %

28,55 %

28,57 %

21,43 %

50,00 %

20 – 39,5 points (Groupe 2)

45,44 %

31,48 %

23,08 %

47,62 %

0,00 %

52,38 %

40 points + (Groupe 3)

66,30 %

18,23 %

15,47 %

45,65 %

19,57 %

34,78 %

Une fois encore, cela semble effectivement suggérer que les avantages de coefficient jouent un rôle plus prépondérant dans les matchs en phase de groupes. Bien que le Groupe 2 ait signé un taux de victoires supérieur en phases éliminatoires qu'en phase de groupes, il a uniquement enregistré plus de victoires que de défaites dans cette dernière.

Pour les trois groupes, leur taux de défaites a nettement augmenté entre la phase de groupes et les phases éliminatoires, de plus du double pour le Groupe 2 et le Groupe 3. Les équipes du Groupe 1 ont perdu la moitié de leurs matchs lors des phases éliminatoires, impliquant que leur coefficient supérieur n'apportait aucun avantage identifiable quelconque.

Les coefficients UEFA sont-ils un outil utile pour les parieurs ?

Il existe plusieurs points intéressants à retenir d'après les données ci-dessus. De toute évidence, elles semblent suggérer qu'une équipe est plus susceptible de remporter un match en Ligue des champions quand elle joue à domicile en phase de groupes.

Par leur nature même, l'utilité des coefficients UEFA présente de nombreux inconvénients.

Ce n'est en aucun cas une science exacte, bien qu'elle semble révéler le fait que les matchs en phase de groupes sont plus faciles à pronostiquer que leurs pendants éliminatoires, et que la nature du tournoi favorise intrinsèquement les équipes plus expérimentées.

Si l'on se penche sur leur aspect pratique en tant que ressource, les coefficients UEFA s'accompagnent de limites évidentes. En football, cinq saisons, c'est long. Et, durant cette période, les clubs et éléments afférents à leur équipe, leurs entraîneurs et leur situation financière peuvent connaître des changements significatifs.

Le fait que les coefficients se fondent sur le cumul de cette durée peut aussi accidentellement suggérer que les performances d'une équipe en compétition européenne sont plus constantes que dans la réalité.

Par exemple, au début de la saison 2020/21, Ajax se targuait du 21e coefficient UEFA le plus élevé avec 69,5. Toutefois, 49 de ces points étaient glanés sur deux saisons, au cours desquelles ils avaient respectivement atteint la finale de la Ligue Europa et les demi-finales de la Ligue des champions. Sur les trois autres saisons, ils n'ont pas réussi à se qualifier en phase de groupes de la Ligue des champions pour deux d'entre elles et en ont été éliminés pour la dernière.

Les coefficients peuvent aussi être contestés du fait qu'ils combinent les performances en Ligue des champions et en Ligue Europa, et qu'il existe un gouffre discutable entre les deux ; sur les cinq derniers vainqueurs de la Ligue Europa, aucun n'a progressé au-delà des 16e en Ligue des champions lors de la saison suivante. Enfin, un coefficient ne pourra jamais non plus renseigner sur l'état de forme, les blessures ni d'autres paramètres pouvant influer sur la probabilité de victoire d'une équipe pour un match donné.

L'utilité des coefficients UEFA pour un parieur individuel dépend donc peut-être directement de la signification qu'il accorde aux résultats et tendances précédents au sein des paris dans le football.

Comme bien d'autres outils de paris fondés sur des données, ils ne devraient pas exclusivement servir à définir des pronostics, mais pourraient s'avérer plus utiles en tant que composante de recherche à prendre en compte avant de parier sur une rencontre en Ligue des champions.

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